[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[]
[Web Creator] [LMSOFT]
.com
Autainville
 Le petit train
C'est en 1833 que le parlement vota une loi prévoyant un grand programme de construction de voies ferrées.

La ligne de tramway à vapeur reliant Blois à Ouzouer-le-Marché en passant par Oucques, d'une longueur de près de cinquante kilomètres, fut ouverte au public le premier novembre 1888. Son prolongement jusqu'à Orléans fut accessible à partir du 15 mars 1895. Cette portion mesurait trente trois kilomètres. La partie reliant Vendôme à Oucques fut ouverte le 25 août 1900.

Le tramway partant d'Orléans desservait les communes d'Epieds-en-Beauce, Charsonville, Ouzouer-le-Marché, Binas, Autainville, Marchenoir, Oucques, servant de gare de triage avec les trains venant de Châteaudun et de Vendôme, le tout se rendant à Blois qui était le terminus. La locomotive fonctionnait à la vapeur. Il fallait la ravitailler deux fois en eau sur le parcours. La bande réservée au passage du train avait une largeur de trois mètres et l’écartement des rails de un mètre.

Le tramway rendait de multiples services : les voitures étaient rares à cette époque ; c'était pratiquement le seul moyen de locomotion, à part les voitures à cheval bien sûr. En dehors des voyageurs, tout le transport de fret se faisait à son bord : transport de pierres à partir des carrières d'Autainville, transport de sable, du courrier, des journaux, du grain     (les silos n'existaient pas encore à cette époque). Il servait aussi au transport des grumes et des stères de bois qu'il chargeait en forêt de Marchenoir. En 1931, le tramway chargeait encore mille huit cent tonnes de marchandises par mois.

C'est le premier juillet 1934 que le trafic s'est arrêté pour donner place pendant quelques temps à un autorail en attendant l'arrivée de l'autobus départemental.

Le tramway ne roulait pas bien vite: quarante kilomètres à l'heure environ sur terrain plat. Pendant l'hiver, il valait mieux ne pas être frileux car une simple brique dans le milieu du wagon faisait office de chauffage, encore fallait-il penser à les faire réchauffer au départ de Blois ou d'Orléans!

A Autainville, la maison d'habitation la plus proche de la ligne était « Le café de la gare » qui est actuellement la propriété de Mr Colbert Chardon. Les passages à niveau n'étaient pas gardés. Le petit train, par son bruit, s'annonçait de tellement loin.

Du train du matin descendait chaque semaine un livreur de la maison Caîffa avec une petite voiture à bras très profonde et chargée d'épicerie. Après avoir prospecté tous ses clients, il terminait sa tournée vers la gare afin de ne pas rater le train du soir en direction d'Orléans.

A la sortie du village en direction de Binas, les carrières de pierres employaient encore, en 1910, une soixantaine d'ouvriers. Un café-cantine les accueillait pour la détente.
Ce   café   était   tenu   par   une   dénommée « Filos ». Les ouvriers tiraient la pierre, la cassaient, la chargeaient sur les wagons.