La proximité de la forêt a tout naturellement développé à Autainville les travaux liés à son environnement.
Au dix-neuvième siècle on comptait bon nombre de fagoteux, charbonniers, débardeurs, charrons ou encore sabotiers. Puis, on a vu naître la révolution industrielle et la mécanisation des tâches même dans les petits villages comme Autainville.
Les scieurs de long furent remplacés par des scieries mécaniques et les rendements furent considérablement augmentés. C'est ainsi que l'on a vu naître au cœur de la forêt de Marchenoir « La grande scierie ». Elle fut installée sur la route dite du Baron à l'est de la route de Saint-Léonard à Autainville. Le lieu choisi était à l'intersection de la route du Baron et de la ligne du tramway de Vendôme à Orléans de façon à faire transiter les bois débités par les gares de ces deux villes. Un aiguillage permettait de faire entrer le train directement sur le chantier.
Vers 1905, le duc de Luynes, propriétaire de la très belle forêt de Marchenoir, l'avait vendue au baron de Vibraye pour dit-on à l'époque sept millions et demi de francs, somme fabuleuse compte tenu de la valeur de la monnaie française à cette époque.
Pour cette somme paraît-il, seuls les arbres étaient propriété de l'acheteur; le duc de Luynes restait propriétaire du terrain.
Il y avait dans cette forêt de très beaux arbres. Le chêne était presque exclusivement l'essence qui croissait en ces lieux.
Pour installer une scierie, il fallait de l'eau. On fora donc un puits de quatre vingt dix sept mètres de profondeur. Une machine à vapeur de deux cent chiquante chevaux devait actionner les quatorze bancs de scies circulaires, à ruban ou alternatives. Les ouvriers y travaillaient le soir jusqu'à dix-neuf heures.
Les premiers ouvriers qui vinrent pour abattre les arbres furent des bûcherons Piémontais suivis peu après par des Belges. Ils se logeaient en pleine forêt dans des huttes faites de mottes de terre, de forme circulaire et conique. On nommait ces huttes des « culs de loup ».
Le bois d'œuvre était vendu de 170 à 150 francs le mètre cube. Les croûtes étaient vendues en bois de feu au prix de 5 francs le stère. Quand un acheteur prenait un lot de 100 stères, le prix était abaissé à 3 francs.
Une belle fête foraine fut organisée vers le 15 juin 1907. Manèges, bal, boutiques et buvette firent beaucoup d'affaires. Le temps était très beau et l'assistance très nombreuse. Pour 50 centimes vous pouviez visiter la scierie et garer votre bicyclette.
Mise en liquidation, la vente eut lieu en mars 1911.
Propos recueillis auprès de Mr Henri Terrier